80 ANS D'IMMIGRATION ITALIENNE EN BELGIQUE (1946-2026)
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80 ans d’histoire, de souvenirs et de racines.
En 2026, nous commémorons l’immigration italienne en Belgique. À travers des rencontres, des débats, du théâtre, de la musique et des expositions, le CASI-UO propose un cycle d’événements et d’activités pour raconter et transmettre les histoires de l’émigration italienne, en portant un regard sur le passé comme sur le présent.
Le programme :
📅 11 avril · 20 juin · 14 novembre
visite à marcinelle
80 ans d’histoire, de mémoire et de racines. En 2026, nous commémorons l’immigration italienne en Belgique. Le CASI-UO propose un cycle d’événements consacré aux histoires de l’émigration italienne, entre passé et présent.
Le premier événement de ce cycle nous a conduits à Marcinelle, et plus précisément au Bois du Cazier, un lieu profondément marqué par l’histoire de l’immigration ouvrière et par la mémoire des luttes et des drames qui ont jalonné l’histoire industrielle de la Belgique.
Notre première étape a été La Louvière, où nous avons eu l’occasion d’échanger avec le comité de soutien de La Cantine des Italiens, une petite restauration familiale qui met à l’honneur une cuisine italienne simple, avec des produits frais et de qualité, tout en faisant vivre une mémoire et une culture qui font partie intégrante de l’histoire sociale et migratoire de la région. Cette rencontre nous a permis de revenir sur l’histoire de l’immigration italienne en Belgique, mais aussi sur l’importance de préserver et de transmettre cette mémoire collective.
Nous avons également visité le Musée de l’immigration italienne, un espace consacré aux parcours, aux expériences et aux conditions de vie des nombreux Italiens et Italiennes venus travailler en Belgique. À travers les témoignages, les objets et les documents présentés, nous avons pu mieux comprendre ce que fut cette histoire migratoire : une histoire de travail, d’espoir et de construction d’une nouvelle vie, mais aussi une histoire faite de sacrifices, de déracinement et d’exploitations.
La deuxième étape de notre journée a été le Bois du Cazier. Accompagnés par les guides, nous avons découvert l’histoire du site, son fonctionnement et le quotidien de celles et ceux qui y ont travaillé et vécu, jusqu’à sa fermeture. La visite nous a permis de comprendre concrètement ce que représentait le travail dans les mines et la place centrale qu’elles occupaient dans la vie économique et sociale de toute une région.
Cette plongée dans l’histoire du Bois du Cazier nous a également conduits à revenir sur la catastrophe du 8 août 1956, lorsque 262 mineurs ont perdu la vie dans l’incendie de la mine, dont 136 Italiens.
Cette première journée a donc été bien plus qu’une simple visite : elle a constitué un moment de transmission et de réflexion autour de la mémoire ouvrière, de l’immigration italienne et des luttes qui ont contribué à façonner l’histoire sociale de la Belgique. Se confronter à ces lieux et à ces récits, c’est aussi rappeler l’importance de faire vivre cette mémoire et de la transmettre aux générations présentes et futures.
EXPOSITIONS ET CONFéRENCE à LA fonderie
Dans le cadre du cycle d’événements consacré aux 80 ans d’histoire, de mémoire et de racines de l’immigration italienne en Belgique, le CASI-UO poursuit son travail autour des histoires de l’émigration italienne, en mettant en regard le passé, les trajectoires migratoires et les réalités du présent.
Le rendez-vous du 20 juin s’inscrit dans le contexte de la commémoration de l’immigration italienne en Belgique et fait écho à la signature, le 23 juin 1946, du protocole italo-belge connu sous le nom d’« hommes contre charbon ». Cet accord marque profondément l’histoire de l’émigration italienne en Belgique et constitue un point de départ essentiel pour comprendre les parcours de milliers de travailleurs italiens venus travailler dans les mines et, plus largement, la construction progressive d’un tissu social, associatif et politique issu de l’immigration.
Cette journée est consacrée à trois dimensions étroitement liées à cette histoire : l’émigration, le travail et le tissu associatif.
Nous commençons par la visite des expositions Made in Brussels et Beldavia, à La Fonderie. Ces deux expositions permettent d’aborder l’histoire de Bruxelles à travers le travail, les transformations de la ville et les trajectoires de celles et ceux qui l’ont construite. Elles constituent un point d’entrée concret pour réfléchir à la place du travail et des migrations dans l’histoire bruxelloise.
La journée se poursuit avec la conférence « Associations communautaires et émancipation : du passé aux enjeux de demain », avec la participation de Marco Martiniello et Barbara Herman. Les échanges portent sur le rôle joué par les associations issues de l’immigration dans les processus d’organisation collective, de solidarité et d’émancipation. Ils permettent également de mettre en perspective l’héritage de ces expériences avec les enjeux auxquels sont confrontées aujourd’hui les nouvelles générations et le monde associatif.
La journée se termine autour d’un repas solidaire proposé par La Cantine ZOT, dans un moment plus convivial qui prolonge les discussions et permet de poursuivre les échanges de manière informelle. La soirée est accompagnée par la musique engagée et populaire d’Italie de Nostos Notos, qui vient clôturer cette journée consacrée à la mémoire, au travail, aux migrations et aux formes d’organisation collective.
À travers cette initiative, le CASI-UO continue ainsi à faire vivre une histoire qui ne se limite pas au passé. L’histoire de l’émigration italienne en Belgique se lit aussi dans les associations, les lieux de travail, les solidarités et les pratiques collectives qui existent encore aujourd’hui. Ce travail de mémoire permet de relier les expériences des générations précédentes aux réalités et aux combats du présent.
"voyage", pièce de théÂtre
Le 14 novembre à 20h, au Théâtre Marni, le spectacle Voyage retrace 80 ans d’immigration italienne en Belgique à travers les histoires, les trajectoires et les voix de celles et ceux qui ont traversé les frontières pour construire une nouvelle vie.
Des travailleurs italiens arrivés dans les années 1950, attirés par les promesses du travail et envoyés au fond des mines, aux nouvelles générations qui arrivent aujourd’hui en Belgique, les formes de l’émigration ont changé. Mais certaines questions demeurent : que signifie partir ? Que laisse-t-on derrière soi ? Et que devient l’identité lorsque l’on grandit entre plusieurs histoires, plusieurs langues et plusieurs appartenances ?
Voyage met en regard ces différentes générations de l’émigration italienne. Le spectacle fait dialoguer l’histoire du travail ouvrier et celle des migrations contemporaines, les récits de celles et ceux qui sont arrivés hier et les expériences de celles et ceux qui arrivent aujourd’hui.
La nouvelle émigration italienne est confrontée à des réalités différentes, mais elle s’inscrit elle aussi dans un contexte social et politique marqué par les transformations de la ville.
À travers ces histoires se dessine également une autre question : celle de la double racine, culturelle et familiale. Être d’ici et d’ailleurs, avoir grandi avec plusieurs langues, plusieurs références et plusieurs mémoires, c’est aussi porter une histoire qui ne se laisse pas enfermer dans une seule identité.
Voyage traverse ainsi quatre-vingts ans d’histoire pour faire apparaître les continuités et les ruptures entre les différentes expériences de l’émigration italienne en Belgique. Un voyage entre passé et présent, entre mémoire et expérience vécue, entre le pays que l’on quitte et celui que l’on choisit (ou que l’on est amené) à habiter.
